Incidence de la structure scolaire et collégiale sur la littératie des régions

Cette nouvelle étude démontre que les municipalités régionales de comté (MRC) du Québec dont les cégeps se situent à plus de 20 km de leur territoire observent au sein de leur population un profil de scolarité plus faible que leurs voisines, un élément reconnu pour impacter directement le niveau de littératie des populations.

Voyez le webinaire :

L’événement AlphaRéussite – 7e édition

Animation : Esther Bégin

Présentateur : Pierre Langlois, économiste

Panélistes :

  • Le président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Bernard Tremblay ;
  • La directrice des affaires éducatives à la Fédération des centres de services scolaires du Québec (FCSSQ), Mme Marjorie Ménard ;
  • Le directeur général du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, M. Sylvain Blais;
  • Le président du conseil d’administration de la Fondation pour l’alphabétisation, André Huberdeau

Citation

Plusieurs pistes d’action et de réflexion s’offrent au Québec pour combler ces écarts et ainsi relever son niveau de littératie, notamment ajouter de formations de mise à niveau pour les compétences de base (littératie, numératie) aux programmes de formation professionnelle ou encore, étendre le réseau des CEC dans les MRC non desservies afin de maximiser la fréquentation collégiale.

André Huberdeau, président de la Fondation pour l’alphabétisation

 

Faits saillants

Méthodologie

La fréquentation collégiale est un point tournant statistique afin de maximiser l’atteinte du niveau 3 en littératie, soit celui qui permet de maîtriser des textes plus complexes pour le lecteur et qui constitue un facteur de protection important contre la vulnérabilité sociale et économique. Ainsi, cette étude se penche sur les groupes des adolescents au 2e cycle du secondaire et les jeunes travailleurs en proposant des comparaisons interprovinciales et régionales.

Pour les régions et les municipalités régionales de comté (MRC), l’offre et l’accès à l’enseignement collégial sont les facteurs comparatifs qui ont été évalués. Plus précisément, 39 MRC du Québec dont l’offre collégiale se situe à plus de 20 kilomètres de leur territoire ont été identifiées et étudiées.

Principaux constats

  • Les MRC du Québec qui ne disposent pas d’établissement collégial à moins de 20 km de leur territoire observent au sein de leur population un profil de scolarité plus faible que leurs voisines, un élément reconnu pour impacter directement le niveau de littératie des populations.
  • Ces MRC présentent une fréquentation plus haute des formations professionnelles, une scolarité terminale en secondaire 5 plus élevée et, implicitement, une diplomation collégiale et universitaire plus faible.
  • Selon les données de recensement de 2021, le Nouveau-Brunswick (11,0%) affiche désormais un taux de sans diplôme chez les 25 à 64 ans plus faible que le Québec (11,8%); l’écart avec l’Ontario (8,8%) étant encore plus grand.
    • Cette situation découle en partie des particularités quant à la fréquentation de l’école secondaire canadienne, soit le taux de diplomation élevé, la douzième année et l’obligation de fréquentation scolaire jusqu’à 18 ans.

Liste des MRC non desservies en offre complète d’enseignement collégial (cégep ou CEC) et écart du profil scolaire face à la MRC ou agglomération voisine située à plus de 20 kilomètres

Profils scolaires provinciaux — Québec, Ontario et Nouveau-Brunswick — 2021 (données de recensement)

Pistes de solution

  • Définir une stratégie nationale de réussite scolaire pour le second cycle du secondaire, qui pourrait notamment définir des cheminements personnalisés avec l’ajout possible d’une douzième année pour certains parcours.
  • Ajouter des formations de mise à niveau pour les compétences de base (littératie, numératie) pour l’ensemble des programmes de formation professionnelle offerts par les centres de services scolaires (CSS).
  • Mandater le futur Institut national d’excellence en éducation à étudier les différences scolaires au 2e cycle du secondaire et les approches des CSS comparativement aux commissions scolaires ontariennes et néo-brunswickoises.
  • Compléter le réseau des centres d’enseignement collégial (CEC) dans les MRC non desservies afin de maximiser la fréquentation collégiale.
  • Évaluer l’impact de la fréquentation scolaire obligatoire jusqu’à 18 ans en Ontario et au Nouveau-Brunswick en vue d’une implantation législative similaire au Québec.

Pour plus d’information, veuillez contacter :

Slimane Saidj

Chef des services

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